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Orgue virtuel


Préambule :

L'orgue est depuis mon adolescence le centre de mon activité musicale. Je parle bien sûr de l'orgue à tuyaux ! Il est bien clair qu'aucun instrument électronique ne pourra jamais remplacer l'orgue à tuyaux. Je trouve personnellement très triste que des paroisses acquièrent à grand prix des orgues électroniques monumentaux (à 3 voir 4 claviers !) plutôt que de s'équiper d'un petit orgue à tuyaux dont on peut tirer beaucoup dans l'acoustique d'une église.

En ce qui concerne un instrument de travail pour chez soi les perspectives sont différentes : l'acoustique d'un salon est très sèche (sauf si vous habitez dans un palais !). Les petits orgues de salon sont souvent fatigants à écouter et même quelquefois "criards". Ils sont souvent limités à un ou deux jeux, ce qui limite tout de même le plaisir de l'orgue dont l'une des caractéristiques principales est justement la diversité des sonorités. Jouer une tierce en taille de Couperin sur un bourdon de 8' n'est tout de même pas excitant ! Certains m'opposeront le toucher véritable de l'orgue à tuyaux. Cela n'est que partiellement vrai. Si vous travaillez toujours sur la mécanique légère de votre positif à un jeu, vous serez tout aussi décontenancé devant les claviers d'un grand inxtrument français du 18ème et encore plus d'un Cavaillé-Coll !
Aussi, et sans même évoquer le problème financier (un orgue à tuyaux est un instrument très couteux et souvent inabordable pour un amateur), je pense que la solution d'un orgue numérique ou virtuel est un bon compromis pour travailler et se faire plaisir à la maison !

Depuis quelques années, il existe maintenant deux alternatives :

- les orgues numériques du commerce (Johannus, Viscount, Content, etc...) basés sur un échantillonnage  de sons générés à partir d'un enregistrement de quelques tuyaux d'orgues, démulitipliés et assemblés pour créer une composition assez standard pour être à même de jouer l'ensemble du répertoire de musique d'orgue. Ces échantillons sont de plus choisis et travaillés pour établir sur un même instrument plusieurs harmonisations (dites baroque, symphonique, romantique, etc..). La sonorité est tout à fait correcte mais tout de même un peu artificielle. L'avantage est que l'emploi de ces instruments est très simple et pratique!

- les orgues virtuels qui à partir d'une console numérique pilote un logiciel informatique installé sur un ordinateur assez puissant qui génère les sons des orgues à travers un système d'amplification de type chaine Hifi. L'énorme avancée de ce système est d'utiliser des banques de sons provenant d'un enregistrement de tous les tuyaux d'un orgue réel et connu ! Ces banques de sons peuvent ainsi recréer chez vous l'orgue Isnard de Saint Maximin ou le Cavaillé-Coll de Saint Etienne de Caen dans son intégralité y compris l'acoustique de l'église de l'instrument considéré ! Néanmoins la mise en oeuvre est assez complexe et l'utilisation moins évidente que sur un orgue numérique standard !

C'est, je pense, deux solutions pour travailler chez vous si vous avez accès par ailleurs à la tribune d'un instrument à tuyaux. C'est d'ailleurs mon cas, organiste en paroisse, j'ai la chance d'avoir accès à un Cavaillé Coll de 1876 !

Mes instruments :

Je vais décrire maintenant mes instruments :

                    - Mon installation d'orgue virtuel Hauptwerk utilisant la console de l'orgue Johannus Opus S


                   - L'orgue Johannus Opus S

                   - L'orgue Johannus Maestro


L'orgue virtuel Hauptwerk :

Etant maintenant (en 2021)  quasiment à plein temps en Limousin je dispose chez moi d'un orgue Johannus Opus S. L'orgue que j'avais en région parisienne (Maestro) avait une registration beaucoup plus riche. Mais plutôt que d'effectuer de coûteux déménagements, je décidais d'améliorer mon installation personnelle en construisant une configuration autour de l'Opus S avec le logiciel Hauptwerk !

Comment fonctionne un orgue virtuel ?

C'est assez simple à expliquer :

On part d'une console d'orgue (claviers, pédaliers, pédales d'expression) capable de générer des signaux informatiques sous la norme midi. Cette console est reliée à une interface midi qui conduit le signal à un ordinateur équipé d'un logiciel d'orgue virtuel (Hauptwerk). En fonction des ordres de la console, le logiciel va aller chercher dans une banque de sons les enregistrements des tuyaux qu'il faut faire parler. Ces sonorités sont alors produites par une carte son ou une interface audio externe qui est raccordée à un amplificateur de typa Hifi lui-même raccordé à des enceintes. Pour simplifier le circuit est donc :

                                         clavier  --->  interface midi  ---> ordinateur  ---> interface audio  --->   amplificateur   --->  enceinte acoustique

                                                                                           |

                                                                                Banque de sons                                                                                        

Ma configuration :

Pour la console je décidais dans un premier temps d'utiliser l'Opus S de Johannus qui est parfaitement interfacé à la norme midi.

Il a fallu ensuite composer une configuration autour de cette console. Pour ce faire il fallait réunir :

- un ordinateur suffisamment puissant : je l'ai configuré moi-même : un processeur Intel I7 avec 8 coeurs - Une mémoire RAM de 64 Go - Un disque SSD de 2 To. - Un boitier tour silencieux - Windows 10 pro 64 bits

- un écran tactile IIyama 22 ". Un écran tactile permet de tirer les jeux d'une console virtuelle d'une simple pression d'un doigt.

- une interface audio-midi : Focusrite Scarlett 4I4 : interface midi et audio avec deux sorties stéréo.

- une sonorisation : ampli Akai + enceintes Eltax (récupération d'une chaine Hifi inutilisée)

- le logiciel Hauptwerk version 6 : à commander sur le site de Hauptwerk France ainsi que la clé de protection de license Ilok (obligatoire si votre ordinateur dédié à Hauptwerk n'est pas connecté).

- quelques banques de sons.

- et pas mal de temps pour étudier, comprendre, concevoir et rassembler les éléments ...

On peut évidemment trouver des entreprises qui vous fournissent le tout "clé en main" (estimations de configurations, plutôt inférieures à la mienne, à partir de 10 000 €) ! Ce n'était pas compatible avec mon budget ! Le coût de cette première étape est d'environ 3 000 €.

Et ensuite j'ai trouvé très intéressant de me lancer dans cette aventure ! Il n'y a rien de tel que de constituer soi-même sa configuration pour apprendre peu à peu les subtilités et les immenses possibilités de ce type de solution. Je pense néanmoins qu'il est nécessaire d'avoir de bonnes connaissances sur l'orgue en général et d'être à l'aise avec l'informatique et les outils numériques ou bien de se faire aider par quelqu'un qui a déjà effectué ce type de travaux.


Pour le paramétrage de la console j'utilise les éléments que Johannus transmet en midi c'est à dire :

- les 2 claviers - le pédalier- les deux pédales d'expression - les 6 appels de combinaison et le piston "annulation"

Johannus transmet également des signaux midi pour les registres, mais je ne les utilise pas pour deux raisons :

- en tirant un registre la console envoie un ordre midi à l'ordinateur mais active également le registre de l'Opus. On risque donc un beau mélange de sons sauf à bloquer seulement la sono de l'orgue ce qui n'est pas toujours simple.

- la disposition des registres est toujours différente suivant la composition des orgues utilisés et quelquefois insuffisante en nombre. Se souvenir du nom des registres est quasiment impossible et ajouter des étiquettes différentes pour chaque orgue est difficilement gérable !

J'ai donc décidé, comme de nombreux utilisateurs, d'utiliser un écran tactile pour la registration ce qui me semble le plus pratique et adaptable. Mais cela donne un aspect plus informatique que de tirer de vrais registres !


            


Les orgues installées :

Le logiciel Hauptwerk est livré avec l'orgue de l'église Sainte Anne de Moseley dans le diocèse de Birmingham en Angleterre. C'est un orgue construit en 1874 avec de nombreuses modifications ultérieures. Très complet avec beaucoup d'accessoires c'est parfait pour appréhender les possibilités du logiciel. En ce qui concerne la sonorité, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé !

Pour débuter j'ai donc choisi 3 banques de sons (en anglais "sample-set") d'orgues relativement modestes mais me permettant d'avoir selon moi les 3 principales esthétiques nécessaires :

- l'orgue Cavaillé-Coll d'Oloron Sainte Marie pour la musique française romantique ou symphonique  (réalisée par Piotr Grabowski : https://piotrgrabowski.pl/ )

- l'orgue suisse de Giubiasco d'esthétique plutôt allemande/italienne permettant de jouer par exemple autant Bach que Frescobaldi  (réalisée par Piotr Grabowski : https://piotrgrabowski.pl/ )

- l'orgue de l'abbaye de La Chaise-Dieu orgue historique baroque français, idéal pour Couperin, Boyvin, Grigny, etc... (réalisée par Jeux d'orgues : https://www.jeuxdorgues.com )


Mise en place d'une pédale séquentielle :

Le logiciel Hauptwerk comporte de nombreuses possibilités pour enregistrer et utiliser des combinaisons de jeux préparées à l'avance. L'une d'elle consiste à enregistrer des pas séquentiels suivant chaque changement de regitres de la partition à interpréter (fonction Stepper).

Pour pouvoir en cours de jeu avancer d'un pas on peut utiliser un piston séquentiel envoyant un ordre midi. Mais je n'ai pas ce dispositif sur mon orgue Johannus. Il y a plusieurs organistes sur You tube qui utilisent des pédales d'un autre type. Après bien des recherches  ces pédales se nomment "Footswitch USB HID" et on les trouve assez facilement sur internet pour environ 20 €. Cette pédale se branche sur un port USB et n'a pas besoin de driver car elle est à la norme HID.

Lorsque l'on appuie sur la pédale, un signal correspondant à l'enfoncement d'une touche d'un clavier standard de PC est envoyé. Un petit logiciel fournit avec la pédale permet de choisir la touche du clavier (moi, j'ai choisi la touche "Pause"). Une fois branchée cette pédale imite donc l'enfoncement de la touche "Pause" d'un clavier USB.

Hauptwerk permet d'utiliser comme commande d'une fonction, soit un bouton de console envoyant un code midi, soit l'enfoncement d'une touche d'un clavier de PC USB. C'est cette deuxième option que j'ai utilisée. L'avance d'un pas du "stepper" est commandé par la touche "Pause" d'un clavier et donc d'un appui sur la pédale Footswitch.

Celle-ci a été fixée au dessus du pédalier et peut donc être manoeuvrée par le pied droit.





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Orgues numériques


L'orgue numérique Johannus Opus S :

Avec la retraite (en 2012), il m'était nécessaire de disposer d'un instrument pour notre maison de campagne en Limousin qui devenait peu à peu notre résidence permanente.

J'avais donc acquis un instrument modeste mais avec des sonorités et une harmonisation très soignée. Je me suis adressé à la société Plein Orgue à Paris qui proposait en 2012 le premier niveau de la gamme OPUS de Johannus. Cet instrument a été harmonisé de façon à disposer de trois esthétiques : Baroque français, Romantique/symphonique, et Baroque allemand. Un "plus" de cette entreprise est de prévoir en standard une harmonisation sur place pour s'adapter au local et au goût de l'organiste.


Cet instrument possède 26 jeux sur deux claviers et un pédalier plat de 30 notes.

           

Aujourd'hui je n'utilise plus que la console de cet instrument pour mon orgue virtuel. L'orgue est intact et conserve toutes ses possibilités, mais je n'utilise plus ni la génération des sons, ni l'amplification.

L'orgue numérique Johannus MAESTRO :

Il s'agit d'un orgue numérique de la marque hollandaise Johannus installé dans ce qui était alors notre résidence principale en région parisienne. Ce modèle exclusif de la société des Orgues Jean-Marie Lenglet, nommé " Maestro 1 "  était réalisé dans les années 2005 à partir d'un modèle de série (OPUS 25-C) avec une composition des jeux révisée et harmonisé afin de retrouver les sonorités des orgues français (harmonisation baroque ou romantique). Il dispose de 38 jeux sur deux claviers et un pédalier concave de 30 notes. La composition est la suivante :

              


Cette disposition est intéressante notamment pour la musique française mais n'allez tout de même pas croire que vous allez vous retrouver avec le Clicquot de Poitiers dans votre salon !!!

Remarque : Certains facteurs d'orgue nomment par dérision ces instruments "électronium". Je pense que c'est un mauvais terme qui fait hélas penser à l'harmonium qui lui est un vrai instrument avec des possibilités d'expression remarquables (voir le chapitre consacré à l'harmonium). Je pense qu'une bonne dénomination devrait signifier qu'il s'agit d'un simulateur d'orgue à tuyaux (au même titre qu'un simulateur d'avion).  De plus, l’électronium existe ! Il s’agit d’une machine capable de générer des mélodies aléatoires, inventée par le compositeur américain Raymond Scott (1908 - 1994). Il ne s’agit ni d’un orgue, ni même d‘un synthétiseur  puisque cet instrument ne possède pas de clavier !

Construction d'un buffet d'orgue de salon

J'ai souhaité assez rapidement ajouter une sorte de buffet d'orgue installé au dessus de la console permettant

- de disposer d'une amplification complémentaire afin d'éclaircir un peu certaines sonorités

- d'avoir une diffusion sonore au dessus des claviers plutôt que "dans les genoux".

 

En fait ce type de buffet avec amplification existe sous le nom de "fronton" au catalogue des fabricants d'orgues numériques. Personnellement je les trouve très chers et d'assez mauvais goût ! Quand on connait l'exigence du travail que représente la construction d'un tuyau de montre en étain je trouve que d'en mettre une douzaine pour tricher c'est du gâchis ! Je décidais donc de le construire moi-même !

Le meuble a été réalisé en contreplaqué avec un placage chêne teinté pour obtenir une couleur approchante de la console. De même des rainures gravées à la défonceuse ont permis d'obtenir un aspect proche de la décoration de cette console. Il est simplement posé sur la console et retenu à l'arrière pour sécurité par deux plaques métalliques.Ce buffet contient deux enceintes Eltax Monitor et un ancien ampli Hifi Scott de 2 fois 40 W branché sur la sortie ligne de l'orgue.

J'ai également intégré un éclairage du pupitre. Le tout est dissimulé derrière des cadres tendus de tissu pour enceintes avec des séries de lattes en bois vernies.

       

Je suis assez satisfait de l'aspect général et tout le monde peut constater qu'il ne s'agit pas de tuyaux réels mais simplement d'une décoration rappelant une façade d'orgue.

J'utilise toujours cet instrument losque je suis en région parisienne, mais ses sonorités que je trouvais excellentes il y a quinze ans sont maintenant complètement dépassées par ce que l'on peut obtenir d'un orgue virtuel.


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